Tendinopathie rotulienne, tendinopathie d’Achille, entorse de cheville, instabilité chronique : les blessures de genou et de cheville représentent plus de 50 % des consultations de kinésithérapie du sport. Toutes les réponses des kinésithérapeutes d’Austral Sportlab à Saint-Denis, La Réunion.
Tendinopathies du sportif
Qu’est-ce qu’une tendinopathie et pourquoi dit-on « tendinopathie » plutôt que « tendinite » ?
Le terme « tendinite » implique une inflammation, qui n’est en réalité présente que dans les formes très aiguës (moins de 6 semaines). Les recherches histologiques montrent que la grande majorité des pathologies tendineuses chroniques ne sont pas inflammatoires, mais dégénératives : on parle de tendinopathie (altération du collagène) ou de tendinose. Cette distinction change le traitement : l’inflammation aiguë répond aux anti-inflammatoires, mais la tendinopathie chronique ne répond pas aux AINS — elle répond au renforcement tendineux progressif. C’est pourquoi la kinésithérapie fondée sur les preuves n’utilise plus la glace ou les anti-inflammatoires comme traitement de première ligne pour les tendinopathies chroniques.
Quelle est la différence entre tendinopathie rotulienne et syndrome fémoro-patellaire ?
Ces deux pathologies génèrent une douleur autour de la rotule, mais leur mécanisme est différent. La tendinopathie rotulienne (ou tendinopathie du tendon rotulien) se manifeste par une douleur au pôle inférieur de la rotule, provoquée par une surcharge du tendon rotulien lors des sauts et des descentes. Le syndrome fémoro-patellaire est une douleur péri-patellaire ou rétro-patellaire (sous la rotule), provoquée par un mauvais glissement rotulien et aggravée par la montée/descente des escaliers et les squats profonds. Les deux ont des traitements spécifiques et différents. Un diagnostic précis est indispensable.
Comment soigner une tendinopathie rotulienne (genou du sauteur) ?
La tendinopathie rotulienne se traite par un programme de charge progressive du tendon en 3 étapes. En phase aiguë (douleur forte au repos) : contractions isométriques du quadriceps (contraction statique à 70° de flexion, 5 × 45 secondes) — elles réduisent la douleur immédiate et entretiennent la force. En phase subaigue : protocole Kongsgaard sur planche déclive (squats déclives à 25°, 3 × 15 lents, 2 fois par jour). En phase de retour au sport : renforcement pliométrique progressif et rééducation en charge complète. La progression est objectivée au dynamomètre VALD chez Austral Sportlab. La durée typique est de 8 à 16 semaines selon le stade. Les erreurs classiques sont l’arrêt total (hypotrophie tendineuse) et la reprise trop rapide.
Quelles sont les tendinopathies du genou les plus fréquentes chez le traileur réunionnais ?
Trois tendinopathies du genou dominent en trail à La Réunion. La tendinopathie rotulienne (pôle inférieur de la rotule) touche principalement les traileurs qui augmentent trop rapidement leur volume de dénivelé : elle est aggravée par les descentes et les sauts. La tendinopathie quadricipitale (pôle supérieur de la rotule) atteint surtout les traileurs de plus de 40 ans, souvent après de longues descentes en foulée freinée. Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale (face externe du genou) est la blessure la plus fréquente en trail à La Réunion : ce n’est pas une tendinopathie à proprement parler mais une compression du tissu conjonctif, mais elle obéit aux mêmes principes de charge progressive et de renforcement du fessier moyen. Dans tous les cas, la quantification au dynamomètre VALD permet de piloter objectivement la progression thérapeutique.
Comment traiter une tendinopathie d’Achille ?
La tendinopathie d’Achille est très fréquente chez les traileurs et les coureurs réunionnais. Elle se présente en deux formes : insérentionnelle (au talon) ou corporale (milieu du tendon). Le traitement de référence est le protocole excentrique d’Alfredson (mollets excentriques sur bord de marche, 3 × 15, genou fléchi et tendu, 2 fois par jour, 12 semaines) pour la forme corporale. Pour la forme insérentionnelle, les excentriques en léger équinus sont préférés. La montagne et la course en côte doivent être évitées en phase aiguë. Une gestion de la charge de course est indispensable.
Peut-on continuer le sport avec une tendinopathie ?
Dans la majorité des cas, oui, à condition de moduler la charge. L’arrêt total n’est pas recommandé car le repos complet entraîne une hypotrophie du tendon qui aggrave la situation à la reprise. La règle est de maintenir une charge tolérable (≤ 3/10 de douleur pendant l’effort, revenant au niveau de référence dans les 24h), tout en intégrant un programme de renforcement spécifique. Le type d’activité peut être modifié temporairement (vélo ou natation à la place de la course) pour maintenir la condition physique.
Entorse de cheville et instabilité
Combien de temps faut-il pour guérir d’une entorse de cheville ?
Le délai de guérison dépend du grade de l’entorse. Une entorse bénigne (grade I) : 1 à 2 semaines avec rééducation précoce. Une entorse modérée (grade II) : 3 à 6 semaines de rééducation complète. Une entorse grave (grade III, rupture ligamentaire complète) : 8 à 16 semaines selon les sports pratiqués. Ces délais supposent une prise en charge kinésithérapique complète. Sans rééducation, le risque de récidive à 12 mois dépasse 50 %.
Faut-il faire de la glace sur une entorse de cheville ?
Les données scientifiques les plus récentes nuancent l’utilisation systématique de la glace. La glace réduit la douleur et l’œdème à court terme, mais l’inflammation est en réalité un processus nécessaire à la cicatrisation ligamentaire. Le protocole PEACE & LOVE (remplaçant l’ancien RICE) recommande : Protection, Élévation, éviter les anti-inflammatoires, Compression, éducation. Suivi de Load progressif, Optimisme, Vascularisation (activité sans douleur) et Exercices. La glace peut être utilisée pour le confort douloureux mais n’est plus recommandée comme traitement de la guérison.
Qu’est-ce que l’instabilité chronique de cheville et comment la traiter ?
L’instabilité chronique de cheville est la séquelle la plus fréquente d’une entorse mal rééduquée : le patient récidive régulièrement sur le même côté, souvent pour des traumatismes minimes. La cause est double : lésions ligamentaires permanentes et déficit proprioceptif (perte du sens de position de la cheville). Le traitement kinésithérapique comprend un renforcement intensif des muscles fibulaires (stabilisateurs actifs), une rééducation proprioceptive progressive (plateau d’équilibre, exercices unipodaux en charge) et un travail fonctionnel spécifique au sport. La chirurgie (réinsertion ligamentaire) est réservée aux échecs du traitement conservateur.
Quelle est la différence entre une entorse de cheville et une fracture ?
Il est impossible de distinguer cliniquement une entorse grave d’une fracture sans imagerie. La règle d’Ottawa permet cependant d’orienter : une radiographie est indiquée si la douleur est localisée au bord postérieur ou au sommet de la malléole (6 cm), et si le patient est incapable de faire 4 pas immédiatement après le traumatisme ou aux urgences. En l’absence de ces signes, la probabilité de fracture est très faible. En cas de doute, une consultation médicale avec le Dr Maud L’Huillier (médecin du sport Austral Sportlab) permet d’orienter vers l’imagerie adaptée.
Le taping (strapping) ou la chevillette aident-ils à soigner une entorse de cheville ?
Le taping et les chevillettes jouent deux rôles différents. En phase aiguë, ils offrent un soutien mécanique qui réduit la douleur et permet une reprise précoce des activités quotidiennes. Les études montrent qu’une immobilisation partielle fonctionnelle (chevillette ou strapping) est supérieure au plâtre pour les grades I et II. En revanche, ils ne remédient pas au déficit proprioceptif sous-jacent et ne doivent pas se substituer à la rééducation. Le but de la kinésithérapie est de sevrer le patient du taping en restaurant la stabilité active (musculaire) de la cheville.
Y a-t-il un kiné spécialisé en cheville du sportif à La Réunion ?
Oui. Tony Berry, fondateur d’Austral Sportlab, est spécialisé dans l’approche scientifique et clinique de la cheville du sportif. Il a développé une expertise particulière dans les entorses chroniques et l’instabilité de cheville chez les traileurs réunionnais, les footballeurs et les joueurs de rugby. L’objectif est de restaurer une cheville fonctionnellement stable pour le retour au sport, sans s’appuyer chroniquement sur le strapping. Voir la page cheville du sportif.